La structure cristalline des diamants a un impact significatif sur la qualité de taille et, plus précisément, sur la qualité de polissage obtenue. Les surfaces des diamants sont anisotropes, ce qui signifie qu'elles présentent des degrés de dureté variables. Certaines zones (faces cristallines) peuvent être taillées et polies, d'autres non. Les polisseurs de diamants doivent savoir où tailler les facettes afin d'éviter qu'elles ne coïncident avec ces faces.
L'image d'un diamant brut ci-dessous est annotée pour indiquer la position des trois faces cristallines possibles (octaédrique -111, dodécaédrique -110 et hexaédrique ou cubique -100). J'ajoute les indices de Miller pour plus de commodité, d'où les chiffres.

Il y a au total 6 faces cubiques (100), 8 faces octaédriques (111) et 12 faces dodécaédriques (110). Les faces 111 sont les plus dures, voire quasiment impossibles à tailler et à polir. Viennent ensuite les faces 100, puis les faces 110. Cette variation peut être démontrée à l'échelle atomique, ce qui dépasse le cadre de cet article. Les polisseurs de diamants doivent connaître l'orientation du cristal et éviter que les facettes ne coïncident avec les faces 111 et 100. Travailler un diamant brut est un jeu d'enfant, car l'orientation du cristal est clairement visible. Ce n'est en revanche pas le cas des diamants polis. En l'absence de cristaux naturels, il est très difficile de déterminer l'orientation du cristal, c'est-à-dire de connaître l'emplacement des différentes faces. Cela peut poser des problèmes aux polisseurs lors de la retaille d'un diamant. La situation est plus complexe lorsque l'objectif est d'obtenir des tailles triplement excellentes, et encore plus lorsque des seuils de poids stricts doivent être respectés. Cela ne permettra pas une légère réorientation du diamant.
Vient ensuite la question du grainage et du maclage. Le maclage se produit lorsque l'orientation cristalline d'une ou plusieurs parties d'un diamant ne correspond pas à celle de la pierre principale. Lorsqu'une facette présente du maclage, le sens de taille de la facette peut être diamétralement opposé à celui de la partie maclée. C'est comme demander à un habitant d'Oklahoma City de se rendre simultanément à New York et à Los Angeles. Les polisseurs doivent alterner le sens de polissage, ce qui est chronophage et souvent source de dégradation de la finition de surface. La surface devient alors irrégulière et, pire encore, des lignes de frottement se forment au contact du maclage.
La retaille des diamants est donc une compétence hautement spécialisée, qui présente des défis complexes, comme mentionné précédemment. Pour les raisons mentionnées précédemment, certains diamants ne peuvent jamais obtenir un polissage triple excellent. En ce qui concerne la symétrie et la taille, rien ne devrait empêcher d'atteindre l'excellence.
Les bijoutiers peuvent détecter d'éventuels diamants difficiles en les inspectant à la recherche de signes de macle. Si une ligne de macle est parallèle au rondiste côté culasse, le problème est mineur. En revanche, si elle est oblique par rapport au rondiste, croisant la couronne ou, pire encore, plus ou moins perpendiculaire au rondiste, il s'agit potentiellement d'un grave problème de polissage.
